Voici le paradoxe qui fait mal : en 2026, les logements classés F et G — officiellement interdits à la location pour les nouveaux contrats — continuent de s’afficher sur les plateformes de colocation à des prix parfois 15 à 20 % inférieurs au marché. Et des colocataires les louent. Légalement. Parce que les règles, comme souvent, ne s’appliquent pas à tout le monde de la même façon. Alors, faut-il fuir ces passoires thermiques ou, au contraire, en profiter intelligemment ? Réponse nuancée, chiffres à l’appui.
Ce que dit vraiment la loi en 2026 sur les DPE F et G
La loi Climat et Résilience de 2021 a posé un calendrier progressif d’interdiction à la location des logements les plus énergivores. Voici où on en est concrètement en 2026 :
- Depuis le 1er janvier 2023 : les logements classés G dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an sont interdits à la nouvelle location.
- Depuis le 1er janvier 2025 : tous les logements classés G sont interdits à la nouvelle mise en location.
- À partir du 1er janvier 2028 : ce sera au tour des logements classés F d’être interdits à la nouvelle location.
Le mot-clé ici, c’est « nouvelle location ». Un bail signé avant ces dates reste valide. Un propriétaire qui renouvelle un bail existant avec le même locataire peut, dans certains cas, contourner l’interdiction. En colocation, où les colocataires tournent et où les baux sont parfois reconduits tacitement, la situation devient un terrain juridique particulièrement flou.
Concrètement en IDF en 2026 : selon les estimations de l’ADEME, environ 17 % du parc locatif francilien serait encore classé F ou G. Sur une région où la tension locative est extrême — le délai moyen pour trouver un logement à Paris intra-muros dépasse 45 jours — ces biens restent en circulation, qu’ils soient légaux ou non.
Les risques réels pour un colocataire qui signe sur un F ou G
La facture énergétique, le vrai piège caché
Un logement classé G consomme en moyenne entre 420 et 600 kWh/m²/an. Sur un appartement de 80 m² en colocation à 3, cela représente une facture annuelle pouvant atteindre 2 400 à 3 600 € de chauffage et d’eau chaude, soit 800 à 1 200 € par colocataire. À comparer avec un logement classé C ou D, où la facture tombe à 300-500 € par personne et par an.
La différence de loyer — souvent 50 à 80 € de moins par mois sur un F ou G — est donc largement absorbée par la facture énergétique. L’économie apparente devient une illusion dès le premier hiver.
Les droits que vous avez (et que peu de colocataires connaissent)
Depuis la loi Climat, si vous signez un nouveau bail sur un logement G interdit à la location, vous disposez de leviers concrets :
- Gel des loyers : le propriétaire d’un logement classé F ou G ne peut pas augmenter le loyer en cours de bail ni lors du renouvellement — même en zone tendue.
- Action en décence : vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation (CDC) pour obtenir des travaux de rénovation ou une réduction de loyer.
- Résiliation anticipée : dans certains cas, si le logement est reconnu indécent, vous pouvez quitter le bail sans respecter le préavis standard de un mois.
En pratique, ces recours sont rarement utilisés en colocation, car les colocataires craignent de perdre leur logement. Mais les connaître, c’est déjà une forme de protection.
Les situations où un F ou G peut (paradoxalement) avoir du sens
Le bail en cours : vous n’êtes pas forcément dans l’illégalité
Si vous rejoignez une colocation existante avec un bail signé avant les dates d’interdiction, vous n’êtes pas dans une situation illégale. Le contrat préexistant est valide. Dans ce cas, le classement F ou G est une contrainte à négocier, pas à fuir aveuglément.
La courte durée et le bail mobilité
Pour un séjour de 3 à 6 mois (stage, mission, alternance), la facture énergétique annualisée pèse moins lourd. Sur une période courte, l’écart de loyer peut effectivement représenter une économie nette, surtout si vous arrivez hors saison de chauffe.
La négociation comme stratégie
Le gel des loyers sur les passoires thermiques, combiné à la pression réglementaire sur les propriétaires, crée une fenêtre de négociation réelle. Un propriétaire qui sait qu’il ne peut ni augmenter son loyer ni facilement relouer son bien F ou G est en position de faiblesse structurelle. Vous pouvez négocier :
- Une prise en charge partielle des frais de chauffage
- L’installation d’un thermostat connecté ou de têtes thermostatiques
- Un mois de caution au lieu de deux
- Des travaux d’isolation des fenêtres ou des combles avant l’entrée dans les lieux
Comment déchiffrer un DPE avant de signer
Depuis 2021, le DPE est opposable et obligatoire dans toute annonce immobilière. Mais en colocation, notamment sur les plateformes entre particuliers, il est souvent absent ou falsifié. Voici comment vous protéger :
- Demandez le DPE complet (pas juste l’étiquette), avec le numéro d’identifiant ADEME. Vous pouvez vérifier sa validité sur observatoire-dpe-audit.ademe.fr.
- Méfiez-vous des DPE antérieurs à 2021 : ils ne sont plus valides juridiquement et peuvent masquer un classement réel bien plus défavorable.
- Repérez les indices physiques : simple vitrage, radiateurs électriques à grille, absence d’isolation visible en combles ou sous plancher — autant de signaux d’un logement énergivore même sans lire un DPE.
- Demandez les factures d’énergie des 12 derniers mois aux anciens colocataires, pas au propriétaire. C’est légal et bien plus révélateur.
Le vrai calcul à faire avant de signer
Avant d’accepter ou de refuser un logement classé F ou G, posez-vous cette équation simple :
Économie mensuelle sur le loyer (vs un logement mieux classé équivalent) − surcoût mensuel de l’énergie = gain ou perte réelle.
Exemple concret : une chambre dans une colocation à Montreuil, 80 m², classée G, vous est proposée à 580 €/mois charges non comprises, contre 650 € pour un appartement équivalent classé D dans le même secteur. L’écart apparent : 70 €/mois. Mais la facture d’énergie sur le G : environ 120 €/mois/colocataire en hiver. Sur le D : 40 €/mois. Différence réelle : vous payez 50 € de plus par mois dans la passoire thermique, avant même de compter l’inconfort thermique.
Ce que Flatzen vérifie pour vous
Sur Flatzen.fr, chaque annonce de colocation en Île-de-France affiche le classement DPE lorsqu’il est disponible et vérifié. Notre équipe signale les annonces sans DPE valide et oriente les colocataires vers des biens conformes aux nouvelles exigences réglementaires — sans pour autant ignorer les opportunités de négociation que certains logements F peuvent encore offrir dans des cas spécifiques.
La transparence sur l’étiquette énergie, c’est la base d’une colocation sans mauvaise surprise financière au premier relevé de compteur.
Vous cherchez une colocation en IDF avec un DPE lisible et un loyer honnête ? Parcourez les annonces vérifiées sur Flatzen.fr et filtrez directement par performance énergétique. Parce qu’une bonne colocation, c’est d’abord un logement dans lequel vous pouvez vivre sans vous ruiner en charges.
Last Updated on 27 août 2026 by Christophe




